Bayona aux Baléares (20/07/2013 au 11/08/2013)
Navigation vers Cascaïs
Nous sommes partis de Bayona avec un vent contraire pour une navigation de 48 heures. Ce vent contraire était bien marrant au début à tirer des bords avec un autre voilier derrière nous, mais on perd vite patiente lorsqu'au bout d'un après-midi entier on voit sur la carte que nous avons avancé de seulement 20 miles nautique (environ 36 km) ... Heureusement, on a croisé un groupe de dauphin avec qui on s'est amusé. Ça fait passer le temps. Mais une fois la soirée entamée, le vent est tombé, nous obligeant à mettre le moteur en route.
Nous sommes donc partis au large chercher l'alizé portugais. Nous l'avons trouvé que le lendemain en milieu de journée. L'alizé portugais est un vent constant qui descend les côtes portugaises. Lorsque nous y étions, nous avions entre 7 et 15 nœuds de vent arrière. On a donc gréé le spi léger et l'avons gardé jusqu'au lendemain après-midi.
J'ai un peu hésité avant de décider de laisser le spi pour la nuit, mais les conditions étaient bonnes et je me suis souvenu de quelques récits de voyage sur cette route où les équipages le laissaient pour la nuit, alors pourquoi pas nous ? Le vent a forcit au cabo da Roca, juste avant d'arriver à Cascaïs et c'est sous génois que nous finiront notre étape à Cascaïs.
Mouillage à Cascaïs
On a mouillé devant la ville près du port, au milieu de plein d'autres voiliers de voyage venant de pays comme l'Allemagne, la Hollande, la France et bien sur, d'Espagne.
On a économisé 38 euros pour chaque nuit passée car c'est ce qu'ils demandaient pour être au port. Il y en a qui peuvent payer. On trouvait ça cher jusqu'au jour où l'on nous a demandé 48 euros pour passer la nuit (par nécessité) dans un village Corse (Cargèse) qui avait à peine l'eau et l'électricité ...
Petite description du mouillage de Cascaïs à la Lapérouse :
Les fonds du mouillage sont de sable et de vase de bonne tenue. On y mouille par 7 brasses d'eau à 2 encablures du rivage. Des frégates d'autres pays d'occident encombraient le mouillage nous obligeant à mouiller à moins d'une portée de fusil de ces autres bâtiments. Une fois notre bâtiment bien ancré, j'ai demandé au second de l'équipage de gonfler notre chaloupe pour aller reconnaître le rivage. Nos premières rencontres avec les sauvages de Cascaïs fut avec des pêcheurs sur le débarcadère. Leur peau est plus basanée que celle des Espagnols et leur regard trahisse un peuple plutôt timide, travailleur et brave. Ils sont cordiales en répondant à nos Hola dont l'accent est fraîchement marqué par notre voyage en Espagne ... Une fois franchi le débarcadère, nous découvrons que les femmes et les enfants profitent de la plage, du soleil et de l'océan. Contrairement à ce que j'ai pu lire dans des ouvrages de grands navigateurs, les femmes sont moins poilues que ce qui a pu être écris. L'illustrateur de notre expédition a pu prendre quelques images sur la plage que nous rapporterons lors de notre retour. Rien ne manque dans ce pays, nous avons pu nous ravitailler en eau, en viande, en vin de bonne facture, et bois pour un bon prix. Ainsi, nous avons pu relâcher durant 1 semaine dans ce pays. Cela contribua à la bonne santé de l'équipage qui, jusqu'à présent, se porte excellemment bien. Certainement parce que j'oblige l'ensemble de l'équipage à danser entre 20 et 30 minutes chaque soirée lorsque les conditions le permettent. Fin de la plaisanterie. Je recommande à tous ceux qui ont lu ces lignes de lire les récits de l'expédition de Lapérouse qui s'est déroulé au XVIII siècle. Le style des descriptions de ce navigateur français dans des eaux inconnues est parfois marrant lorsque l'on rapporte ses observations à nos jours ... Nous n'avons pas hésité à laisser le bateau 2 jours entiers. Un jour pour rencontrer Pipa, une amie de Sundy et visiter Lisbonne et une deuxième journée pour aller grimper sous le fort de Sintra. La grimpe sur le granite de Sintra est très pauvre en prise et super technique. Les cotations des voies est aussi sévère, rien à voir avec les cotations observées dans le bassin méditerranéen ... Nous étions bien à Cascaïs, le climat est chaud mais ventilé, les gens sont chaleureux et la vie moins cher. Mais nous devons continuer vers Gibraltar pour être en Méditerranée le plus tôt possible.
Sundy commence en avoir marre des étapes trop courtes et c'est vrai que je souhaiterais aussi avoir plus de temps pour plus apprécier les bonnes escales ... Mais, je souhaite absolument entrer en Grèce pour Octobre, alors nous devons filer, nous avons encore beaucoup d'eau devant l'étrave et de chose à voir, de gens à rencontrer. Par contre l'année prochaine, notre planning sera différent. Il y aura moins d'escale, les distances entre elles seront beaucoup plus longues, et on prendra plus le temps d'explorer, de rencontrer, de s'immerger dans la vie locale.
Navigation vers le détroit de Gibraltar
Nous sommes donc repartis après 3 jours d'escale à Cascaïs vers Barbate, une navigation de 60 heures. Nous avons été chanceux dans l'ensemble, car nous avons due utiliser le moteur qu'environ 24 heures.
Nous avons même gréé le spi mais pas aussi longtemps que lors de la descente vers Cascaïs. Et la traversée du golfe de Cadiz c'est passé sans encombre avec un vent portant.
Par contre le vent portant a tourné alors que nous arrivions à Barbate. Ce qui veut dire que le vent est devenu contre nous pour le passage de Gibraltar et il est même prévu qu'il soit fort dès le lendemain de notre arrivé ...
3 jours d'attente à Barbate, la ville des "demi-tours"
Nous avons donc attendu à Barbate. Le 1er jour était farniente et recherche d'information pour aller grimper à 10 km d'ici. Une fois les informations trouvées pour aller grimper, on est parti le lendemain matin avec ... nos vélos pliables et le matos d'escalade. A la sortie de la ville, on a pédalé sur une espèce de route national sans bande arrêt d'urgence avec un vent terrible contre nous, nous déstabilisant. Heureusement les voitures faisaient attention. 2 autres cyclos nous suivaient, mais après 2 chutes (de Sundy) dans le fossé, ils nous ont doublé impitoyablement. A la troisième chute, nous avons fait demi-tour, ce sera pour une prochaine fois. Des fois, on se console en se disant que choisir de faire demi tour peut être considéré comme une « certaine » victoire (La victoire d'éviter le pire). Le lendemain (3ème jour), on a décidé de faire une tentative de passage du « détroit » avec 15 noeuds de vent contre nous prévu. Cela semble bon et pas trop violent, donc on s'est décidé de partir le matin assez tôt au près serré (au près serré = vent contre nous). Après 2 heures de près serré, le vent forcis pour atteindre 35 noeuds. Plus on s'approche du cap de Tarifa, plus le vent est fort. Ce qui est rassurant, c'est que d'autres voiliers sont partis comme nous. Un voilier était au moteur et faisait cap direct sur Tarifa, l'autre était à la voile ... Nous voulions aller à la voile, mais voyant le vent forcir et forcir, je me suis dit qu'au cap il doit y avoir au moins 45 noeuds et je n'étais pas psychologiquement prêt à combattre 45 noeuds alors que 15 étaient prévus : Résultat, encore un demi tour !!! Barbate devient décidément la ville des demi-tours ... Le 4ème jour au matin nous sommes partis avec 10 noeuds de vent prévus, donc je me suis dit que nous devrions avoir environ 30 noeuds dans le nez au cap de Tarifa (j'ai multiplié par 3 les prévisions du modèle météo GFS), et je ne me suis pas trompé ... On s'est quand même aidés du moteur pour faire du cap direct dans les passages où la mer était forte. C'est dans le passage du cap de Tarifa qu'une pièce en plastique vitale du pilote automatique a cassé. Une fois le cap passé le vent s'établit à 25 noeuds et c'est au près serré aidés par le courant qui pousse à l'Est que nous arrivons à Gibraltar.
Mouillage à Gibraltar et disparition de notre annexe
On pose l'ancre sur fond de sable en face d'une plage surpeuplée côté espagnol. J'avais obtenu l'information de ce mouillage par un navigateur que nous avons rencontré à Barbate. Il m'avait aussi précisé qu'on pouvait laisser l'annexe (le zodiac) à la marina contre 5 euros ... Le lendemain de notre arrivé, on débarque pour aller visiter Gibraltar pour la journée, et on s'est senti plus malin de laissé l'annexe sur la digue en dehors de la marina pour ne pas payer ces 5 euros !!! Gibraltar est touristique et beau, très british et fière de l'être. On a marché au sommet du rocher et ces anglais ont réussi à nous taxer 1 euros par personne pour "la vue" en dépit de vouloir y aller à pied ... Il a fait très chaud et ça grimpait sec.
Au sommet, les singes du rocher nous ont accueilli. Quel exotisme !
On est redescendu par des petits sentiers, puis par des escaliers plutôt aériens.
Gibraltar est aussi une grande place du dé-taxage. Nous en avons profiter pour acheter une tablette qui a trouvée sa place à bord. La tablette est super pratique pour avoir le wifi au bar, et pour écrire les posts, regarder un film le soir (Oui, ça nous arrive aussi. 2 films depuis que nous l'avons. Merci Thomas pour les films).
Après cette journée à crapahuter sur le rocher et les rues commerçantes, nous sommes rentrés à notre mouillage. Et là, c'est le drame, plus d'annexe.
Un anglais vivant à Gibraltar, nous aide et nous amène à la gardia civil, mais ils ne peuvent rien faire pour nous ... Je suis donc parti à la nage pour aller chercher une bouée (que mes anciens collègues de travail m'avaient offert, merci encore à eux) pour Sundy et des sacs étanches pour transporter nos affaires.
Le temps de ma nage, Sundy a trouvé quelqu'un pour nous emmener sur notre voilier. Elle sait utiliser son charme !...
De retour à bord, j'ai étudié l'assurance et sans surprise, elle ne fonctionne pas dans ce cas.
Le lendemain, on part rejoindre le bord à la nage (heureusement l'eau est chaude), pour trouver une solution. C'est notre voisin de mouillage, Larry, un américain anciennement de la navy, qui, nous voyant nager, comprend tout de suite notre situation et nous a aidé en nous transportant avec son annexe pendant tout le temps de notre séjour. Il a été super sympa et nous avons passé de super moments en sa compagnie. Et finalement, nous avons trouvé, par la connaissance de nos voisins anglais, une autre annexe d'occasion pour 150 euros ... C'est sur que 150 euros, c'est plus cher que les 5 euros que nous aurions du payer à la marina ... Pourvu que notre annexe servira à quelqu'un qui en a plus besoin que nous ... Et sans la disparition de notre annexe, nous n'aurions pas rencontré, Larry, Michèle et Aston … et nous n'aurions pas eu la leçon ...
Navigation vers les Baléares
Une fois nous affaires réglées, nous sommes partis en direction des Baléares où nous voulons souffler une petite semaine.
C'était une navigation entre voile et moteur avec un stop à Almeria, et un autre dans une petite ville où nous aurions bien voulu assister au concert de flamenco que nous entendions depuis notre mouillage ...Sundy a raconté ces mêmes jours, en anglais, vue de son bord. Lire son récit →








Vos messages
Commentaires d'origine, conservés tels quels.