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Traversée de l'Atlantique (24/10/2014 au 1/11/2014)

22 · 27 juillet 2015

Il est temps de mettre à jour notre site internet. A l'heure où j'écris ces lignes, nous sommes au beau milieu du Pacifique, en polynésie française, dans l'archipelle des Tuamotu, protégés de la houle d'Est par la barrière de corail au Sud de l'atol de Fakarava exactement. Je m'apprète donc à rattraper mon retard et décrire notre traversée de l'Atlantique qui, autant le dire de suite, s'est plutôt bien passée. Nous sommes partis du Cap Vert, de l'île de Sao Vicente, du port de Mindelo protégé de toute part. Ce port est très connu car la plupart des traversées de l'Atlantique au départ du Cap Vert passent par Mindelo. C'est un bon endroit pour partir car c'est assez facile de s'y ravitailler, et le port est bien positionné en plein dans la ceinture formée par les vents d'alizés. Mindelo est aussi bien achanlandé. On peut y faire faire quelques travaux de métalurgie pour pas trop cher (soudure, tournage, fraisage). Pour l'occasion de notre traversée, nous avons fait un tangon pour notre génois. En plus du tangon de spi qui nous avions déjà, je souhaitais avoir un deuxième tangon pour pouvoir porter à l'avant 2 voiles sur chaque bord lorsque le vent est arrière (ce qui est sensé être le cas). A Mindelo, c'est possible de se fabriquer un tangon grâce au ship de la marina. Nous avons donc désormais un 2ème tube alu sur le pont qui mesure 5.5m. Nous sommes partis le matin du 24 Octobre 2014 à 8h45, après avoir dit au revoir à certains bateaux avec qui nous avions fait connaissance : A Thierry et Margaux sur le magnifique ketch appelé Skimmer, mais aussi au bateau « Grandeur Nature » de l'association qui donne l'opportunité de changer d'air à des jeunes français qui en ont besoin à un moment difficile de leurs vies … C'est une magnifique initiative que de proposer à ces jeunes gens une belle leçon de vie sur un catamaran autour de l'atlantique pendant une année complète ! On peut suivre « Grandeur Nature » un cliquant sur ce lien.
Leaving Mindelo
Leaving Mindelo
Paul setting up the spinnaker pole
Paul setting up the spinnaker pole
_DSC5167 Bien entendu, nous avions pris la météo pour les 2 semaines à venir même si elle est fiable que pour les 5 premiers jours ... De toute manière, nous la suivions chaques jours depuis déjà quelques semaines et nous pouvions voir comment les vents soufflent sur notre passage, nous avions vu évoluer des ondes tropicales et nous avions même pu suivre l'évolution d'une tempête tropicale qui avait frappé de plein fouet Saint Martin quelques semaines avant notre départ. Cela permettait de comprendre comment peuvent évoluer les phénomènes météorologiques. Accompagné d'un bouquin de météo, tu peux même rattacher quelques explications météorologiques sur ce que tu peux observer dans les prévisions … Pour notre départ, tous les voyants étaient au vert. Il y avait du vent pour la majeure partie de notre traversée. Pas de perturbations au large du Sénégal ou du Cap Vert pouvant donner naissance à une onde tropicale, et les vents étaient quasiment constant à 15-20 nœuds jusqu'aux Antilles. Comme notre destination était la Guyane au moment de notre départ, nous gardions en tête la difficulté de passer le fameux poteau noir vers la fin de notre traversée... Une fois sortis du port de Mindelo, une brise canalisée par le couloir formé par l'île de Sao Vincente et l'île de Sao Antao, nous poussait vers le large. Une fois le canal terminé, nous nous sommes retrouvés déventés par les îles : Le vent est tombé complètement et les voiles commencaient à claquer. Je me souviens encore Sundy me faire une remarque lorsque j'avais décidé de mettre le moteur en route. On a pourtant mis le moteur en route 45min pour enfin retrouver le vrai vent d'alizé, celui qui devrait nous amener de l'autre côté. Il n'arrêtera jamais de souffler pour la totalité de notre traversée. Le premier jour, des baleines pilote s'approchent d'Arbutus et semblent nous souhaiter un bon voyage. Nous leur avons souhaiter un bon voyage aussi … Le premier jour, on a aussi attrapé un poisson qui a complètement emmêlé ma ligne de traine. En plus le poisson n'était pas si bon que ça … Le premier jour, on a aussi eu une route de collision avec le tanker « Japin Arrow » au large du Cap Vert … Un simple contact radio nous a permis de nous assurer qu'il n'y aura pas de collision. _DSC5172 On ne peut pas vraiment dire que le 1er jour (et le dernier jour aussi) ressemble aux autres jours. Par contre pour ce qui concerne les jours entre le 1er et le dernier, c'est à peu près les mêmes. Alors comment sont les jours de navigation au large sur Arbutus ? Au levé du soleil, on se lève. On regarde dehors que tout va bien (des fois, je saute cette étape car je sais que tout va bien). Je prépare mon petit déjeuner qui consiste en un bol d'avoine avec du sucre et du lait réchauffé, et un grand café (je ne saute jamais cette étape). On déjeune dans le cockpit arrosé par les premiers rayons du soleil déjà chaud. A ces latitudes, le soleil se lève et se couche très rapidement. Dès qu'il se trouve un peu en hauteur, nous devons mettre en place une toile au dessus du cockpit pour se protéger du soleil. Je prend la météo avec la radio et contact radio avec d'autres navigateurs qui comme nous sont en route ou sont déjà au mouillage. On met en place la ligne de traine. Vérification du cap et ajustement du régulateur d'allure si notre cap n'est pas bon. Petit tour sur le pont pour enlever tous les poissons volant qui ont atterri la nuit sur le pont et qui sont en train de se désecher au soleil … On va se coucher un peu. On se lève discuter un peu. Préparation du repas du midi. C'est souvent Sundy qui s'en occupe. Vaisselle, préparation du café, pour le prendre tranquillement dans le cockpit à l'ombre. Réparation, bricolage, matelotage. Sieste. Pêche, nettoyage du poisson et du pont suite à la pêche d'un thon ou d'une dorade. Petite douche (Ca arrive que l'on ne prenne pas de douche tous les jours dans un soucis de concerver l'eau douce). Sieste. Mise à jour de notre position avec la radio. On retire la ligne de traine avant la tombée de la nuit. Préparation du diner. Petite discussion suivie de temps en temps d'une petite dispute. Puis on va se coucher 1 à 2 h après le coucher du soleil jusqu'au lendemain au lever du soleil. Voilà, c'était la journée type. _DSC5182 _DSC5236 _DSC5250 _DSC5260 _DSC5340 _DSC5201 IMG_8936 IMG_8983 Sur cette traversée de l'Atlantique, on a eu quand même quelques petits problèmes qui ont un peu modifiés notre journée type. Par exemple, le jour 5, on a croisé un tanker avec qui on avait une route de collision. On a du se dérouter. Assez incroyable comme situation car on croise pas grand monde à 600 mille nautique des côtes … Le jour 8, au petit matin, alors que nous avions 2 voiles à l'avant, le vent a monté et soudainement, le support du tangon fixé sur le mat a cassé. Le tangon, comme une flèche de 5,5m sur un arc géant, est allé emplafonner une fenêtre de notre capote. Le plastique transparent de la fenêtre babord a été transpercé. Ce fut un choc de voir un dégat sur cette capote sur laquelle nous avons tant travaillé ! Mais heureusement que personne n'était dans le cockpit à ce moment là. Le jour 8, on a aussi décidé de changer nos plans. Au lieu d'aller en Guyane, à Cayenne, on a décidé d'aller aux Caraïbes, à Barbados. Changement de cap ! Quel bonheur que d'avoir la liberté de changer d'idée en cours de route ! Pas de compte à rendre, pas de rendez-vous ! Quel bonheur d'avoir un moyen de locomotion qui semble pouvoir nous faire traverser les océans et qui nous offre un toit en plus d'un véhicule. Certaines fois on palpe ce sentiment de liberté et ça me rend heureux, léger. Par contre, certaines fois, on se sent un peu prisonnier du voilier car on souhaiterais le laisser (pour par exemple explorer dans les terres) mais on ne peut pas toujours … La météo aussi change notre quotidien. Sur cette traversée de l'Atlantique, ce sont les derniers jours qui ont été les plus durs et les plus instables. Nous avons eu, le jour 15 et 16, des grains à répétition et plutôt violents avec des rafales jusqu'à 50 nœuds. Je me souviens qu'au pire moment, le bateau pouvait filer à 6 noeud sous régulateur à sec de toile. La pluie pouvait s'infiltrer par les endroits les plus improbables car les gouttes voyageaient à l'horizontale. Le passage d'un grain violent ne dure pas longtemps, donc la mer n'a pas le temps de se former, heureusement. Ca arrive vite et ça dure pas longtemps. Par contre le vent tourne et est violent à l'avant du grain, faible dans le grain et très faible à l'arrière du grain. Du coup, pour nous, ça nous donne plus de travail que d'habitude. Je me souviens le jour 16, les grains se succédaient toute la journée, et pour la nuit, on avait décidé de tout affaler et de continuer doucement vers les Caraïbes au moteur … C'est le jour 17, au matin très tôt, sur l'île de Saint Lucie que nous avons aterri. Et oui, on avait changer d'avis une seconde fois pour notre destination lorsque nous avons appris que Barbados réclamait 80$ de taxe même pour une simple escale d'un jour … _DSC5188 _DSC5191 _DSC5198 _DSC5358 IMG_8930
It's not human blood
It's not human blood
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colourful sushi party
colourful sushi party
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Sundy a raconté ces mêmes jours, en anglais, vue de son bord. Lire son récit →

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Commentaires d'origine, conservés tels quels.

marceaux francoisfrancois2015-07-29
a chaque fois c est un plaisir de vous lire ,et envie de vous suivre ,bonne route et bon vent